Au sommaire 12 sections
- La ruelle des Chats : des toits qui se touchent presque
- 24 mai 1524 : le grand feu de Troyes
- Une ville reconstruite en chêne
- Les foires de Troyes et l'or du monde
- Des maisons cachées, puis sauvées
- Vrai ou légende : la ruelle des Chats date-t-elle du Moyen Âge ?
- Si tu y vas : que voir à Troyes en famille
- Visiter Troyes avec des enfants
- Infos pratiques
- Questions fréquentes
- Sources
- À lire aussi

La Carte aux cent secrets · secret n°10
Dixième tampon : Troyes !
10 / 100 secrets tamponnés
BientôtL’épisode en vidéo arrive très bientôtÀ Troyes, il existe une ruelle si étroite que les toits de ses maisons se touchent presque. On dit qu’un chat peut y passer d’un toit à l’autre sans toucher le sol : c’est la ruelle des Chats. Elle a l’air d’avoir mille ans. Pourtant, son histoire commence par une nuit terrible, en 1524, et elle a failli disparaître il n’y a pas si longtemps. Voici sa vraie histoire.
En bref
Où : dans le centre ancien de Troyes, dans l’Aube (région Grand Est), à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest du lac du Der.
L’histoire : la ruelle existe au Moyen Âge sous le nom de rue Maillard ; ses maisons sont reconstruites après le grand feu de mai 1524.
À voir : la ruelle et ses étais, la cour du Mortier d’Or, la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière.
Pour les enfants : trouver la tête de chat sculptée dans la ruelle.
La ruelle des Chats : des toits qui se touchent presque
La ruelle des Chats est une petite rue pavée, sombre et étroite, entre deux rangées de maisons à pans de bois. Tout en haut, les façades se rejoignent presque. Des étais, de grosses poutres posées en travers, empêchent les maisons de basculer l’une vers l’autre. C’est de là que vient son nom : on dit que les chats peuvent passer d’un grenier à l’autre par les toits.
Au milieu de la ruelle, une rigole laisse couler l’eau. Autrefois, on marchait sur les bords, un peu plus hauts, pour ne pas se salir : c’est l’origine de l’expression « tenir le haut du pavé ». Au pied des murs, de grosses bornes de pierre, les bouteroues, protégeaient les maisons des roues des charrettes.
Le nom de la ruelle a changé avec le temps. Au XVe siècle, elle s’appelait la rue Maillard. Le nom « des Chats » est venu bien plus tard : en 1783 selon certaines sources, au XIXe siècle selon l’office de tourisme.

24 mai 1524 : le grand feu de Troyes
Au début du XVIe siècle, Troyes est une ville riche, pleine de marchands, et presque toutes ses maisons sont en bois. Le soir du 24 mai 1524, un feu prend dans la maison d’un apothicaire, l’ancêtre du pharmacien. Poussé par un vent vif, il se nourrit des maisons de bois et dure environ deux jours.
Environ 1 500 maisons sont détruites. Les archives de l’Aube et la Ville de Troyes parlent d’un tiers de la ville ; l’office de tourisme parle d’un quart. Le quartier des riches marchands est le plus touché. Des milliers de familles doivent trouver refuge ailleurs. À l’époque, on accuse des ennemis ou des enfants, mais on ne connaîtra jamais vraiment la cause du feu.
Une ville reconstruite en chêne
Les Troyens ne partent pas : ils reconstruisent. Les plus riches bâtissent des hôtels en pierre. Les autres refont leurs maisons comme avant, avec une ossature de chêne remplie de terre et de paille. Le chêne vient des grandes forêts qui entourent Troyes, comme la forêt d’Othe ou celle du Der. Presque toutes les maisons à pans de bois que l’on voit aujourd’hui datent d’après ce grand feu.
Ces maisons ont une particularité : chaque étage dépasse un peu au-dessus de la rue. C’est l’encorbellement. On gagne de la place en haut, et le mur du bas reste à l’abri de la pluie, qui abîme le bois et la terre. Dans une ruelle très étroite, à force de dépasser, les maisons d’en face finissent presque nez à nez. La ruelle des Chats, elle aussi, est entièrement reconstruite après 1524.
Les foires de Troyes et l’or du monde
Si Troyes était si riche, c’est grâce à ses foires. Au Moyen Âge, la ville accueillait deux fois par an l’une des grandes foires de Champagne, où des marchands de toute l’Europe venaient échanger tissus, cuirs, fourrures et épices. Pour échanger, il fallait bien peser, et Troyes avait ses propres mesures.
Aujourd’hui encore, dans le monde entier, on pèse l’or et l’argent en « onces troy » : une once troy pèse 31,1 grammes. Pour la Banque de France et la plupart des historiens, ce nom vient de Troyes et de ses foires. Une autre explication existe pourtant : certains spécialistes anglais rapprochent « troy » d’un vieux mot qui désignait une balance. On ne peut donc pas être tout à fait sûr.
Des maisons cachées, puis sauvées
Au XVIIe siècle, on a toujours peur du feu. On recouvre donc les pans de bois d’un enduit gris, et pendant longtemps, les maisons de Troyes deviennent grises. Après la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de vieilles maisons sont en très mauvais état, et on en démolit beaucoup. Dans les années 1960, même la ruelle des Chats est menacée.
À la fin des années 1950, des bénévoles se mobilisent pour sauver le vieux Troyes, maison après maison. À la fin du XXe siècle, on retire l’enduit gris, et les pans de bois réapparaissent, avec leurs couleurs. Au bout de la ruelle, la cour du Mortier d’Or, avec ses galeries de bois et ses bouts de poutres sculptés, est restaurée en 1981 par les Compagnons du Devoir. Et en 2014, de nouvelles maisons à pans de bois sont même construites dans la ruelle, d’après de vieilles cartes postales et des gravures.
Vrai ou légende : la ruelle des Chats date-t-elle du Moyen Âge ?
C’est une légende. La ruelle existait bien au Moyen Âge, sous le nom de rue Maillard, et son pavé avec sa rigole rappelle les rues d’autrefois. Mais ses maisons ont toutes été reconstruites après le grand feu de 1524 : elles datent de la Renaissance. Comme on les a bâties à la manière des anciennes, elles ont l’air médiévales. Et certaines ont été construites en 2014 ! Ce qui a l’air très vieux est parfois plus jeune qu’on ne le croit.

Si tu y vas : que voir à Troyes en famille
- La ruelle des Chats. Levez la tête vers les toits qui se touchent presque, et cherchez la tête de chat sculptée dans un bout de poutre.
- La cour du Mortier d’Or. Elle permet de voir l’arrière des maisons, avec leurs galeries de bois.
- La Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière. Dans l’hôtel de Mauroy, reconstruit en 1556 par le marchand Jean Mauroy pour que des orphelins y apprennent un métier, elle présente 12 000 outils anciens, la plus grande collection au monde.
Visiter Troyes avec des enfants
Avant d’entrer dans la ruelle, racontez aux enfants l’histoire du grand feu et de la reconstruction. Dans la ruelle, proposez-leur de marcher « sur le haut du pavé » sans mettre le pied dans la rigole, de compter les étais, puis de chercher la tête de chat. À la Maison de l’Outil, des livrets de jeu gratuits sont prévus pour les 8-12 ans et les 12-16 ans.
Infos pratiques
- Où : la ruelle des Chats relie la rue Champeaux à la rue Charbonnet, dans le centre ancien de Troyes. La Maison de l’Outil est au 7 rue de la Trinité.
- Prix et horaires : ceux de la Maison de l’Outil sont à vérifier sur son site avant la visite. La ruelle se visite librement.
Questions fréquentes
Pourquoi s’appelle-t-elle la ruelle des Chats ?
Parce que ses maisons sont si proches en haut qu’on dit qu’un chat peut passer d’un toit à l’autre sans toucher le sol. Au XVe siècle, elle s’appelait la rue Maillard.
La ruelle des Chats date-t-elle du Moyen Âge ?
La rue, oui, mais pas ses maisons : elles ont été reconstruites après le grand feu de 1524, à la Renaissance, et certaines en 2014.
Pourquoi les maisons de Troyes penchent-elles l’une vers l’autre ?
À cause de l’encorbellement : chaque étage dépasse un peu au-dessus de la rue pour gagner de la place et protéger les murs de la pluie. Dans la ruelle des Chats, des étais les empêchent de basculer.
Que s’est-il passé à Troyes en 1524 ?
Le 24 mai 1524, un grand feu parti de la maison d’un apothicaire a duré environ deux jours et détruit environ 1 500 maisons. La ville a ensuite été reconstruite, en pierre et en bois de chêne.
L’once troy vient-elle de Troyes ?
Probablement : la plupart des historiens et la Banque de France rattachent ce nom aux foires de Troyes du Moyen Âge, mais une autre explication existe.
Que voir à Troyes avec des enfants ?
La ruelle des Chats et sa tête de chat sculptée, la cour du Mortier d’Or, et la Maison de l’Outil, avec ses livrets de jeu pour les jeunes.
Sources
- Archives départementales de l’Aube, « 24 mai 1524, le jour où Troyes brûle (presque) entièrement » : https://www.archives-aube.fr/culture-et-patrimoine/un-mois-une-uvre/24-mai-1524-le-jour-ou-troyes-brule-presque-entierement
- Ville de Troyes, « Une histoire passionnante à travers les âges » : https://www.ville-troyes.fr/decouvrir-troyes/troyes-une-histoire-passionnante/
- Troyes Champagne Tourisme, « Les maisons à pans de bois » : https://www.troyeslachampagne.com/decouvrez/pour-la-petite-histoire/troyes-rime-avec-pans-de-bois-la-metamorphose-de-troyes/
- Troyes Champagne Tourism, « 1524, Troyes and the great fire » : https://en.troyeslachampagne.com/1524-troyes-and-the-great-fire/
- Troyes Champagne Tourism, « The essentials » : https://en.troyeslachampagne.com/discover/troyes-step-by-step/the-essentials/
- Aube en Champagne, « Ruelle des Chats et cour du Mortier d’Or » : https://www.aube-champagne.com/fr/poi/ruelle-des-chats-et-cour-du-mortier-d-or/
- Aube en Champagne, « Les maisons à pans de bois du XVIe siècle » : https://www.aube-champagne.com/fr/poi/les-maisons-a-pans-de-bois-du-xvi0-siecle/
- Ministère de la Culture, base Muséofile, « Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière » : https://pop.culture.gouv.fr/notice/museo/M0306
- Banque de France, « L’or » : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/lor
- LBMA, « Weighty Matters: Looking for Troy » : https://www.lbma.org.uk/alchemist/issue-101/weighty-matters-looking-for-troy
- Wikipédia, « Ruelle des Chats » et « Foires de Champagne », et leurs références.
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