Au sommaire 14 sections
- La cathédrale de Strasbourg et sa flèche de 142 mètres
- Trois horloges dans une même cathédrale : l'histoire de l'horloge astronomique de Strasbourg
- 1788 : la deuxième horloge s'arrête
- La promesse de Jean-Baptiste Schwilgué
- 1838-1842 : le grand chantier
- Tout ce que l'horloge sait compter
- Le petit trésor perdu de 1821
- Vrai ou légende : l'horloge est-elle en retard d'une demi-heure ?
- Si tu y vas : que voir à l'horloge astronomique en famille
- Visiter l'horloge astronomique avec des enfants
- Infos pratiques
- Questions fréquentes
- Sources
- À lire aussi

La Carte aux cent secrets · secret n°6
Sixième tampon : Strasbourg !
6 / 100 secrets tamponnés
Dans la cathédrale, l’horloge astronomique de Strasbourg attire chaque jour des centaines de visiteurs à midi et demi. Mais l’horloge que l’on admire aujourd’hui est déjà la troisième, et son histoire commence par une panne, puis par une promesse d’enfant. Voici comment elle est née, tout ce qu’elle sait compter, et pourquoi elle « sonne midi » à 12 h 30.
En bref
Où : dans la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, en Alsace (Bas-Rhin, région Grand Est), dans le bras sud du transept.
L’histoire : une première horloge en 1354, une deuxième de 1571 à 1574, arrêtée en 1788, puis l’horloge actuelle de Jean-Baptiste Schwilgué, inaugurée le 31 décembre 1842.
À voir : le défilé des automates à 12 h 30, le coq de la première horloge au musée des Arts décoratifs, les aiguilles dorées et argentées.
Pour les enfants : trouver sur un cadran quelle aiguille donne l’heure du soleil.
La cathédrale de Strasbourg et sa flèche de 142 mètres
Avant d’entrer, levez la tête. La cathédrale de Strasbourg est bâtie en grès rose des Vosges, et sa flèche unique, terminée en 1439, monte à 142 mètres. De 1647 à 1874, elle a été le plus haut bâtiment du monde : plus de deux siècles en tête. C’est sous ces voûtes que se trouve l’horloge astronomique.

Trois horloges dans une même cathédrale : l’histoire de l’horloge astronomique de Strasbourg
La première horloge astronomique est installée vers 1352-1354. Tout en haut, un coq de fer et de bois bat des ailes et chante. Ce coq existe toujours : il est conservé au musée des Arts décoratifs de Strasbourg, et c’est le plus ancien automate de ce genre gardé en Occident. Déjà, de petits personnages défilaient : les Rois mages.
Vers 1500, usée, cette première horloge s’arrête. On en construit une deuxième de 1571 à 1574, sous la direction du mathématicien Conrad Dasypodius, avec les horlogers Isaac et Josias Habrecht et le peintre Tobias Stimmer. Leur grand meuble de bois peint est encore celui que l’on voit aujourd’hui, avec, parmi les peintures, un portrait de Copernic. Et tout en haut de la tourelle, ils remettent le vieux coq, en souvenir de la première horloge.
1788 : la deuxième horloge s’arrête
En 1788, les rouages de la deuxième horloge sont usés et elle s’arrête à son tour. Personne, alors, ne sait la réparer. Elle va rester immobile pendant cinquante ans.
La promesse de Jean-Baptiste Schwilgué
On raconte qu’un jour, un gardien explique à des visiteurs que plus personne ne remettra l’horloge en marche. Un garçon d’environ douze ans s’avance et répond qu’il la fera marcher, lui. Cette scène est une anecdote transmise par les biographes : on ne peut pas la vérifier mot à mot, mais le garçon, lui, est bien réel.
Il s’appelle Jean-Baptiste Schwilgué, né à Strasbourg en 1776. Il n’a pas d’école d’horlogerie : il apprend presque seul les mathématiques et l’astronomie, et fait un apprentissage chez un horloger. Il devient professeur de mathématiques, puis vérificateur des poids et mesures, et fabrique pendant dix ans des balances avec un associé, de 1827 à 1837. Les années passent, mais il n’oublie pas l’horloge.
1838-1842 : le grand chantier
En 1838, la ville de Strasbourg lui confie enfin l’horloge. Il a plus de soixante ans. Pour tailler des roues parfaites, il invente ses propres machines, dont une pour sculpter les personnages de bois, et une trentaine d’ouvriers l’aident. La nouvelle horloge est inaugurée le 31 décembre 1842, dans le meuble peint de la Renaissance. Elle marche encore aujourd’hui, et elle est classée monument historique depuis 1987.
Depuis 1842, une famille d’horlogers après l’autre l’entretient : l’entreprise Ungerer jusqu’en 1989, puis Alfred Faullimmel, et depuis 2001 son fils Ludovic.
Tout ce que l’horloge sait compter
L’horloge de Schwilgué ne donne pas seulement l’heure :
- Un calendrier perpétuel : son grand anneau sait tout seul quand une année a un 29 février.
- Le comput : dans la nuit du 31 décembre, cette machine à calculer prépare l’année suivante et calcule les dates des fêtes qui changent chaque année. « Comput » veut simplement dire « calcul ».
- Le ciel : les planètes autour du Soleil, les phases de la Lune et même les éclipses.
- La roue des 25 806 ans : sous le globe d’étoiles, une roue fait un tour complet en 25 806 ans.
Le petit trésor perdu de 1821
Bien avant le grand chantier, en 1821, Schwilgué avait fabriqué un petit modèle de son comput, d’environ 15 centimètres sur 20, qu’il montra au roi Louis XVIII. Le modèle est resté dans la famille. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses héritiers l’ont caché en l’enterrant, et l’on perd sa trace vers 1945. Soixante-seize ans plus tard, en 2021, il réapparaît : la famille en fait don à la cathédrale.
Vrai ou légende : l’horloge est-elle en retard d’une demi-heure ?
On lit souvent que l’horloge astronomique de Strasbourg est en retard d’une demi-heure, puisque son grand spectacle de midi a lieu à 12 h 30. C’est une légende. L’horloge donne l’heure du soleil à Strasbourg : sur ses cadrans, des aiguilles dorées montrent cette heure solaire, et des aiguilles argentées l’heure de nos montres. Le vrai midi, c’est le moment où le soleil est au plus haut ; à Strasbourg, il arrive environ une demi-heure après le midi de nos montres en hiver. Autrefois, chaque ville vivait à l’heure de son soleil ; c’est l’arrivée des trains, avec leurs horaires, qui a obligé les pays à prendre une heure commune à la fin du XIXe siècle. L’horloge n’est donc pas en retard : elle suit le soleil.

Si tu y vas : que voir à l’horloge astronomique en famille
- Le défilé de 12 h 30. Les douze apôtres défilent et le coq chante trois fois en battant des ailes. La présentation a lieu presque chaque jour, sauf le dimanche et les jours de fête, et pas pendant le marché de Noël.
- Le vieux coq de 1354. Il vous attend au musée des Arts décoratifs de Strasbourg.
- Les deux paires d’aiguilles. Devant l’horloge, cherchez les aiguilles dorées et les argentées : laquelle donne l’heure du soleil ?
Visiter l’horloge astronomique avec des enfants
La présentation de midi et demi se fait avec un billet : prévoyez d’arriver un peu en avance. Le défilé des automates est court, mais les enfants peuvent ensuite chercher les détails des cadrans : la Lune moitié noire moitié blanche, les planètes, le globe d’étoiles. Vérifiez les jours et les horaires sur le site de la cathédrale avant de venir, surtout en décembre.
Infos pratiques
- Adresse : cathédrale Notre-Dame, place de la Cathédrale, 67000 Strasbourg.
- Accès : la cathédrale est au cœur de la Grande Île, à pied depuis la plupart des arrêts de tram du centre.
- Prix de la présentation de midi : 4 € par adulte, 2 € de 6 à 17 ans, gratuit avant 6 ans (tarifs relevés en 2026, à vérifier avant la visite).
- Horaires : à vérifier sur le site officiel de la cathédrale, surtout en décembre.
Questions fréquentes
À quelle heure voir l’horloge astronomique de Strasbourg ?
Le défilé des automates a lieu à 12 h 30, presque tous les jours sauf le dimanche et les jours de fête. Il n’a pas lieu pendant le marché de Noël.
Pourquoi l’horloge astronomique sonne-t-elle midi à 12 h 30 ?
Parce qu’elle suit l’heure du soleil à Strasbourg. Le midi du soleil y arrive environ une demi-heure après le midi de nos montres en hiver.
Qui a construit l’horloge astronomique de Strasbourg ?
L’horloge actuelle est l’œuvre de Jean-Baptiste Schwilgué, de 1838 à 1842. Elle a remplacé une horloge de 1571-1574 dont on a gardé le meuble peint, elle-même précédée d’une première horloge de 1354.
Comment fonctionne l’horloge astronomique ?
Des centaines de roues dentées entraînent ses cadrans : l’heure, un calendrier perpétuel, le comput qui calcule les fêtes mobiles, les planètes, la Lune et les éclipses.
Combien coûte la visite de l’horloge astronomique ?
La présentation de midi coûte 4 € par adulte et 2 € de 6 à 17 ans ; elle est gratuite avant 6 ans (tarifs 2026, à vérifier).
Quelle est la hauteur de la cathédrale de Strasbourg ?
Sa flèche mesure 142 mètres. De 1647 à 1874, ce fut le plus haut bâtiment du monde.
Sources
- Cathédrale de Strasbourg (site officiel), « L’horloge astronomique » : https://www.cathedrale-strasbourg.fr/horloge-astronomique
- Musées de la Ville de Strasbourg, fiche « Coq automate » : https://collections.musees.strasbourg.eu/fr/document/coq-automate/6232f431cbe460020401f715
- Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, la flèche : https://www.oeuvre-notre-dame.org/chantier/fleche/
- CLEA, Cahiers Clairaut n° 102, l’horloge de Schwilgué : http://clea-astro.eu/archives/cahiers-clairaut/CLEA_CahiersClairaut_102_02.pdf
- Janine Tissot, biographie de Jean-Baptiste Schwilgué : https://janinetissot.fdaf.org/jt_schwilgue.htm
- Lycée Jean-Baptiste Schwilgué de Sélestat, historique : https://lyc-schwilgue-selestat.site.ac-strasbourg.fr/le-lycee/historique
- Visit Strasbourg, l’horloge astronomique : https://www.visitstrasbourg.fr/fiche-sit/F223007613_l-horloge-astronomique-strasbourg/
- actu.fr, l’horloge et la date de Pâques (le modèle de 1821) : https://actu.fr/societe/paques-comment-l-horloge-astronomique-de-strasbourg-peut-predire-l
- Wikipédia, « Horloge astronomique de Strasbourg », « Jean-Baptiste Schwilgué », « Modèle de comput de Schwilgué », « Heure en France », et leurs références.
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