
Voyager avec un animal de compagnie peut s’avérer complexe, entre les formalités administratives et l’organisation logistique. Mais imaginez un instant partager votre rangée de sièges avec un rapace aux serres acérées et à la vue perçante. Dans le ciel du Moyen-Orient, cette scène n’a rien d’insolite. Plusieurs grandes compagnies aériennes de la région autorisent désormais les faucons à voyager en cabine aux côtés de leurs propriétaires, témoignant du respect profond de cette culture pour ces oiseaux majestueux.
Des transporteurs de renom tels qu’Etihad, Emirates, Qatar Airways et Royal Jordanian Airlines ont adapté leurs règles pour accueillir ces passagers ailés. Ces oiseaux de proie, véritables symboles de prestige, disposent même de leurs propres passeports. Si la pratique est courante, elle reste strictement encadrée par des réglementations précises pour garantir la sécurité et le confort de tous les passagers à bord.
La fauconnerie est une tradition millénaire, profondément ancrée dans la culture émiratie et moyen-orientale. Bien plus que de simples animaux de compagnie, les faucons sont traités avec une déférence particulière. Si les classes affaires de compagnies comme Emirates sont déjà synonymes de luxe, la présence d’un faucon en cabine élève le concept de voyage à un tout autre niveau.
La fauconnerie prend de la hauteur

Autrefois utilisés pour la chasse de subsistance, les faucons sont aujourd’hui principalement élevés pour le sport ou comme animaux de prestige. Ces prédateurs de haut vol se retrouvent désormais à voyager confortablement à 11 500 mètres d’altitude. En 2018, il a été rapporté que le gouvernement des Émirats arabes unis avait délivré environ 28 000 passeports pour faucons depuis 2002. Valide trois ans, ce document coûte environ 120 € et vise principalement à lutter contre le trafic illégal de ces oiseaux.
Considérés comme des symboles de statut social, les faucons font partie intégrante du patrimoine régional depuis l’époque préislamique. La fauconnerie, vieille de plus de 4 000 ans, est d’ailleurs inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La valeur de ces oiseaux peut atteindre des sommets : un faucon gerfaut blanc a été vendu aux enchères en Arabie saoudite pour la somme record d’environ 430 000 €.
Chaque compagnie applique ses propres règles. Qatar Airways autorise un faucon par passager, avec un maximum de six oiseaux en cabine, exclusivement en classe économique. Le billet pour l’oiseau peut coûter jusqu’à 580 €. Etihad va plus loin en acceptant les faucons en classe économique, affaires et même en première classe. Chez Royal Jordanian, les oiseaux ne voyagent qu’en économie et doivent impérativement porter un chaperon (un petit capuchon en cuir) et être attachés solidement au siège de leur propriétaire.
Faucons et amitié : un voyage de complicité

Le lien entre un faucon et son dresseur est d’une profondeur rare, construit au fil du temps sur la patience et une confiance mutuelle. Au Moyen-Orient, la fauconnerie est bien plus qu’un sport ; c’est un mode de vie qui connecte l’homme à la nature et à ses racines. Lors des sessions d’entraînement, les fauconniers partagent leurs expériences et leurs histoires, renforçant ainsi les liens communautaires autour de cette passion commune.
Pour les voyageurs de passage à Dubaï, il est possible de s’immerger dans cet univers lors de safaris dans le désert. C’est une occasion unique d’observer la discipline, la concentration et la loyauté de ces oiseaux qui peuvent vivre jusqu’à 25 ans. Pour de nombreux passionnés, la fauconnerie est également un excellent moyen de transmettre des valeurs de responsabilité et de patience aux jeunes générations, les éloignant des distractions négatives pour les ancrer dans une tradition séculaire.




