Au sommaire 12 sections
- Colmar, la ville des canaux et des maisons colorées
- Le garçon du 30, rue des Marchands
- 1865 : un cadeau pour les 100 ans des États-Unis
- Une main à Philadelphie, une tête à Paris
- 214 caisses et un socle qui manque
- La statue de la Liberté en chiffres
- Vrai ou légende : a-t-elle le visage de la maman de Bartholdi ?
- Le retour à Colmar : le musée Bartholdi
- Que faire à Colmar en famille ?
- Questions fréquentes
- Sources
- À lire aussi

La Carte aux cent secrets · secret n°2
Deuxième tampon : Colmar, où un garçon a rêvé une géante !
2 / 100 secrets tamponnés
Colmar, en Alsace, est célèbre pour ses maisons à colombages de toutes les couleurs, ses canaux et sa Petite Venise. Mais la ville cache un secret que beaucoup de visiteurs ne connaissent pas : c’est ici, dans une maison de la rue des Marchands, qu’est né le garçon qui a imaginé la statue de la Liberté. Voici son histoire vraie, des barques de la Petite Venise jusqu’au port de New York, et ce qu’il faut voir à Colmar quand on y va en famille.
https://www.youtube.com/watch?v=tyXJpsm6g08
En bref
Où : Colmar, dans le Haut-Rhin (Alsace, région Grand Est), près de 67 000 habitants.
Le secret : Auguste Bartholdi, le sculpteur de la statue de la Liberté, est né à Colmar le 2 août 1834. Sa maison natale est aujourd’hui le musée Bartholdi.
À voir : la Petite Venise, le Koïfhus (1480), la Maison des Têtes (1609), le musée Bartholdi et la statue de la Liberté de 12 mètres à l’entrée nord de la ville.
Pour les enfants : compter les 106 têtes sculptées, chercher la statue du général Rapp, saluer la « petite sœur » de la Liberté.
Colmar, la ville des canaux et des maisons colorées
Colmar est une ville d’Alsace, dans le département du Haut-Rhin, qui compte près de 67 000 habitants selon l’INSEE. Son centre ancien est un musée à ciel ouvert : des maisons à colombages peintes en jaune, en rose, en bleu, alignées au bord d’une petite rivière, la Lauch.
Le quartier le plus photographié s’appelle la Petite Venise. Comme à Venise, en Italie, l’eau y passe entre les maisons. Autrefois, les maraîchers y transportaient leurs légumes jusqu’au marché dans des barques à fond plat. Aujourd’hui, ce sont les visiteurs qui font le tour du quartier en barque.
Deux bâtiments racontent la richesse ancienne de la ville. Le Koïfhus, l’ancienne douane, a été terminé en 1480 : les marchandises qui entraient en ville y passaient pour payer une taxe. Et la Maison des Têtes, construite en 1609, porte sur sa façade 106 têtes sculptées. Un bon jeu pour les enfants : essayer de toutes les compter.
Le garçon du 30, rue des Marchands
Le 2 août 1834, dans la maison du 30, rue des Marchands, naît Frédéric Auguste Bartholdi. Son père meurt quand il n’a que deux ans. Sa mère, Charlotte, part alors vivre à Paris avec lui, mais elle garde la maison de Colmar, où la famille revient pendant les vacances. C’est là que le jeune Auguste prend des leçons de dessin.
Il veut devenir sculpteur. À 19 ans seulement, sa ville lui commande une statue de bronze : le général Rapp, un soldat né à Colmar. Elle est inaugurée en 1856 et elle est toujours là, place Rapp. C’est son premier monument public.
En 1855 et 1856, Bartholdi voyage en Égypte. Il y découvre des statues de pierre immenses, vieilles de milliers d’années. Le goût des géants ne le quittera plus.
1865 : un cadeau pour les 100 ans des États-Unis
En 1865 naît en France l’idée d’offrir un cadeau aux États-Unis pour les 100 ans de leur indépendance. En 1871, Bartholdi traverse l’océan. À l’entrée du port de New York, il repère une petite île : c’est là qu’il veut sa statue. Il dessine, modèle des maquettes de plus en plus grandes, et sa géante prend forme : une femme qui lève une flamme. Son vrai nom : « La Liberté éclairant le monde ».
Ce cadeau n’est pas payé par l’État : ce sont des Français qui le financent, par leurs dons.
Une main à Philadelphie, une tête à Paris
La statue est si grande qu’on la montre au public avant qu’elle soit finie. En 1876, la main et la flamme sont exposées à Philadelphie, aux États-Unis : on peut monter jusqu’au balcon de la flamme. En 1878, c’est la tête qu’on expose à Paris, pendant l’Exposition universelle.
Dans un atelier parisien, des ouvriers façonnent au marteau plus de 300 feuilles de cuivre sur des moules en bois. Chaque feuille est très fine : environ 2,4 mm, à peu près l’épaisseur d’une pièce de 2 euros. Une peau aussi fine ne tient pas debout toute seule : il lui faut une charpente de fer à l’intérieur. Elle est conçue par un ingénieur dont le nom deviendra célèbre quelques années plus tard : Gustave Eiffel.
En 1884, la géante est terminée à Paris, et la France l’offre officiellement aux États-Unis.
214 caisses et un socle qui manque
Comment faire voyager une statue aussi grande ? On la démonte : 350 pièces, rangées dans 214 caisses, embarquées sur la frégate Isère, un navire de la marine française. Elle arrive à New York en juin 1885.
Mais là, surprise : le socle, le grand piédestal de pierre sur lequel elle doit se tenir, n’est pas fini. L’argent manque. Alors le journaliste Joseph Pulitzer lance un appel dans son journal : que tout le monde donne, même un tout petit peu, et le journal imprime le nom de chaque donateur. Des enfants donnent leurs économies. Résultat : plus de 120 000 personnes participent, et en avril 1886, le socle est terminé.
Le 28 octobre 1886, la statue de la Liberté est inaugurée devant une foule immense.
La statue de la Liberté en chiffres
| Ce qu’on mesure | Chiffre |
|---|---|
| Hauteur jusqu’à la flamme | 46 m |
| Hauteur avec le socle | 93 m |
| Longueur de la main | 5 m |
| Longueur de l’index | 2,44 m |
| Rayons de la couronne | 7 |
| Feuilles de cuivre | plus de 300 |
| Épaisseur du cuivre | environ 2,4 mm |
| Caisses pour le voyage | 214 |
Dans sa main gauche, elle tient une tablette qui porte une date en chiffres romains : le 4 juillet 1776, jour de l’indépendance américaine. Au début, elle avait la couleur du cuivre neuf ; avec les années, l’air et la pluie l’ont rendue verte. Depuis 1984, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Vrai ou légende : a-t-elle le visage de la maman de Bartholdi ?
On le lit dans beaucoup de livres et de sites : la statue aurait le visage de Charlotte, la mère du sculpteur. Nous avons mené l’enquête, comme de vrais détectives, avec trois questions : qui le dit ? les autres sont-ils d’accord ? où est le document d’origine ?
Résultat : aucun document de Bartholdi ne le dit. D’autres sources parlent d’une autre femme. Et au musée Bartholdi, un spécialiste parle de légendes. Alors la réponse honnête est : on ne sait pas. Peut-être sa maman, peut-être pas. C’est une belle leçon à partager avec les enfants : quand on ne sait pas, on le dit.
Le retour à Colmar : le musée Bartholdi
Bartholdi meurt à Paris en 1904. Sa veuve, Jeanne, donne la maison de la rue des Marchands à la ville de Colmar en 1907. Depuis 1922, c’est le musée Bartholdi. Dans sa cour, un groupe de trois géants de bronze porte le globe : « Les Grands Soutiens du Monde », la Justice, le Travail et la Patrie.
Et pour les 100 ans de la mort du sculpteur, une statue de la Liberté de 12 mètres a été installée à l’entrée nord de Colmar. Elle y accueille les voyageurs depuis le 4 juillet 2004.
Que faire à Colmar en famille ?
- Visiter la maison natale de Bartholdi, devenue musée, au 30, rue des Marchands : la cour, les maquettes et les souvenirs de la statue de la Liberté.
- Faire le tour de la Petite Venise en barque, comme les maraîchers d’autrefois.
- Compter les 106 têtes de la Maison des Têtes (les enfants en trouvent rarement autant du premier coup).
- Passer devant le Koïfhus, l’ancienne douane de 1480, et sa toiture colorée.
- Chercher la statue du général Rapp, place Rapp : la toute première grande statue de Bartholdi.
- Saluer la « petite sœur » de la Liberté, 12 mètres, à l’entrée nord de la ville.
Bon à savoir : les horaires et les tarifs du musée et des promenades en barque changent selon les saisons ; vérifiez-les sur le site de l’office de tourisme de Colmar avant de partir.
Questions fréquentes
Qui a construit la statue de la Liberté ?
Elle a été imaginée et sculptée par Auguste Bartholdi, né à Colmar en 1834. Sa charpente de fer intérieure a été conçue par l’ingénieur Gustave Eiffel. Elle a été fabriquée à Paris, puis offerte par la France aux États-Unis en 1884.
Pourquoi Colmar a-t-elle une statue de la Liberté ?
Parce que Colmar est la ville natale de Bartholdi. Une réplique de 12 mètres a été inaugurée à l’entrée nord de la ville le 4 juillet 2004, pour les 100 ans de sa mort.
Quelle est la hauteur de la statue de la Liberté ?
46 mètres jusqu’à la flamme, et 93 mètres avec son socle. Son index mesure à lui seul 2,44 mètres.
Pourquoi la statue de la Liberté est-elle verte ?
Elle est recouverte de cuivre. Au début, elle avait la couleur du cuivre neuf ; avec les années, l’air et la pluie l’ont rendue verte.
A-t-elle vraiment le visage de la mère de Bartholdi ?
On ne sait pas. Aucun document de Bartholdi ne le dit, d’autres sources parlent d’une autre femme, et le musée Bartholdi évoque des légendes.
Sources
- Office de tourisme de Colmar, « Les œuvres de Bartholdi à Colmar » (PDF) : https://www.tourisme-colmar.com/staticfiles/bartholdi/LES_OEUVRES_DE_BARTHOLDI_A_COLMAR.pdf
- INSEE, Colmar (68066) : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-68066
- National Park Service, chiffres de la statue : https://www.nps.gov/stli/learn/historyculture/statue-statistics.htm
- National Park Service, Joseph Pulitzer et le socle : https://home.nps.gov/stli/learn/historyculture/pulitzer-in-depth.htm
- National Park Service, Historical Handbook « Statue of Liberty » : https://npshistory.com/handbooks/historical/11/hh11c.htm
- Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum : https://www.cooperhewitt.org/?p=9815
- Visit Alsace, Colmar : https://www.visit.alsace/?p=64031
- Monumentum, Ancienne Douane (Koïfhus) : https://monumentum.fr/monument-historique/PA00085366/colmar-ancienne-douane-dit-aussi-koif
- Wikipédia, « Auguste Bartholdi » et « Statue de la Liberté », et leurs références
Photos : Wikimedia Commons, Gzen92 (CC BY-SA 4.0), Epicgenius (CC BY-SA 4.0), Anne Jea. (CC BY-SA 4.0), Grey Geezer (CC BY-SA 3.0), Morio60 (CC BY-SA 2.0) ; archives du domaine public (Library Company of Philadelphia, Jules Desprès, Paul Joseph Victor Dargaud / musée Carnavalet). Dessins : Découverte – Histoires de France.
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